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Le radon : le détecter et le combattre
Crédit : Cultisol
Parfois présent en quantité importante dans les habitations, ce gaz radioactif d’origine naturelle est mis en cause dans de nombreux cas de cancers du poumon. Quelques mesures simples permettent de prévenir ce risque. Explications…
Source de nombreuses pathologies, la pollution extérieure est souvent montrée du doigt. Mais l’air que nous respirons à la maison est-il de meilleure qualité ? Pas si sûr. Selon les spécialistes, l’atmosphère de nos logements serait même souvent plus polluée que celui des rues. Dangereux gaz radioactif, le radon figure en première ligne parmi les hôtes indésirables de l’air de nos logements.
1_ Un gaz radioactif présent sur terre
Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore résultant de la désintégration de l’uranium et du radium contenus dans la croute terrestre.
Présent partout à la surface du globe, il se retrouve en quantité importante dans les régions aux sols granitiques et volcaniques. En France, la Bretagne, les Vosges, la Corse et le Massif central sont particulièrement concernés et 31 départements sont identifiés comme à risque (CF carte). Inoffensif à l’air libre, le radon est en revanche potentiellement dangereux dans les endroits confinés, où sa concentration dans l’air peut être très importante. A ce titre, si les mines ont de longue date été identifiées comme des lieux à risque, ce n’est que beaucoup plus récemment que l’on a commencé à s’intéresser à la teneur en radon des logements et des bâtiments publics. Or, il se trouve qu’en fonction de la nature du sol et de la conception des édifices, l’air intérieur peut parfois être aussi concentré en radon que celui des mines d’uranium !
2_ Un dangereux impact sur la santé
Cette pollution intérieure peut avoir des conséquences très graves pour la santé. En effet, lorsqu’il se désintègre, le radon engendre des substances que l’on appelle des descendants. Deux d’entre eux, le polonium 214 et le polonium 218, sont particulièrement nocifs car ils émettent des particules alpha. Lorsque ces dernières sont inhalées, elles peuvent alors sérieusement dégrader les tissus pulmonaires et bronchiques. Selon les différentes études épidémiologiques recueillies par l’OMS, le radon serait ainsi en cause dans 6 à 15 % des cas de cancers des poumons. De récentes analyses menées en Europe et également validées par l’organisme onusien, démontrent même que le risque de cancer des poumons augmente proportionnellement à la concentration en radon de l’air intérieur. En France, chaque année, plusieurs milliers de cas de cancer des poumons sont imputables à ce dangereux gaz.
Comment mesurer la quantité de radon chez soi
Exprimée en Becquerel par mètre cube, la mesure du radon s’effectue grâce à un appareil peu coûteux (comptez en moyenne 20 €) appelé dosimètre. Pour obtenir les coordonnées des entreprises commercialisant ces appareils ainsi que la procédure à suivre pour obtenir des résultats fiables, contactez l’IRSN au 01 58 35 74 24 sur internet (www.irsn.org). Ce même institut recueillera l’ensemble des mesures que vous aurez prises et se chargera de les analyser.
3_ Différentes stratégies pour assainir l’air intérieur
Si la nature du substrat sur lequel repose un bâtiment est importante, la conception de l’édifice est encore plus déterminante en ce qui concerne la concentration de radon dans l’air de la maison. La raison en est simple : la différence de température existant entre l’intérieur du bâtiment et le sol créée inévitablement un mouvement d’air qui véhicule le gaz dans le logement. Celui-ci s’infiltre via les fissures et les pores des matériaux de construction et s’accumule d’abord dans les soubassements (cave et vide-sanitaire) puis gagne peu à peu tous les étages (CF schéma). S’il est impossible d’éliminer totalement le radon, plusieurs stratégies permettent de réduire significativement sa concentration dans l’air intérieur.
Renforcer l’étanchéité entre le sol et la construction
La première vise à empêcher le gaz venant du sol de pénétrer dans les constructions. Concrètement, il s’agit d’assurer l’étanchéité entre le sol et la maison en colmatant tous les trous et fissures grâce à du ciment ou à de la colle silicone ainsi qu’en obturant les passages des canalisations. Si les murs du sous-sol sont en parpaings (et donc particulièrement poreux), la pose d’une peinture étanche à l’eau peut s’avérer utile. En cas de sol en terre battue, avant de couler une chape en béton, il faut préalablement poser une couche de gravillons sur laquelle sera installée une membrane imperméable.
Améliorer la ventilation du soubassement
Une ventilation efficace de la cave ou du vide-sanitaire permet de réduire considérablement la pénétration du radon dans les pièces habitées car elle créé une dépression et inverse la circulation de l’air entre le soubassement et les pièces à vire. A ce titre, si elle est plus coûteuse et plus bruyante que la ventilation naturelle, la pose de ventilation mécanique s’avère de loin la plus efficace. Veillez à l’installer sur deux murs opposés pour optimiser la circulation de l’air et, le cas échéant, prévoyez des ouvertures dans les cloisons internes de la cave ou du vide-sanitaire.
Augmenter le renouvellement de l’air dans l’espace habité
Concernant les pièces habitées, le traitement consiste à augmenter le renouvellement de l’air via une ventilation naturelle (ouverture quotidienne des fenêtres) ou mécanique. Attention, si vous optez pour cette solution, veillez à installer une ventilation à double flux (entrée-sortie). Car un simple système d’extraction ne ferait que renforcer l’effet “cheminée” et augmenterait les remontées de radon en provenance du sol.
Jeohan Bonillo
Un cadre législatif bien défini
Les pouvoirs publics ont fixé à 1000 bq/ m3 le seuil de dangerosité justifiant des mesures correctrices immédiates. Entre 400 et 1000 bq/m3, il est officiellement souhaitable d’entreprendre des actions visant à diminuer la concentration dans l’air des bâtiments existants. Concernant les constructions neuves, une valeur maximale de 200 bq/m3 a été retenue comme seuil devant entraîner des mesures correctrices.
IRSN
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.














